PAR LE BIEN PUBLIC

église de THURY

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( article paru dans le Bien Public du 04-05-2007)


Sympathique suite des travaux de l'église

La restauration complète de l'intérieur de l'église du village a été sans conteste, un des réalisations la plus importante des travaux prévus par la municipalité au cours de l'exercice annuel écoulé. La majorité des travaux avait été confiée à des entreprises compétentes qui ont par ailleurs réalisé d'excellentes prestations. Mais une part non négligeable de cette rénovation a été effectuée par des bénévoles.
En guise de remerciements, les responsables paroissiaux, Annick et Ève, avaient invité ces bonnes volontés à visionner en avant-première, une réalisation vidéo filmée et montée avec toujours autant de professionnalisme par Boleslaw Haratik.
Les spectateurs privilégiés découvrirent avec un réel plaisir ce qui restera un document d'archives. Une deuxième projection, œuvre de haut niveau, un travail remarquable de Roland David compléta cette soirée qui se terminait par un buffet.

    Henri CALLABRE
 

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( article paru dans le Bien Public du 20-03-2007)

Cérémonie d'exception pour une réalisation d'exception
 

Thury a inauguré comme il se doit les travaux de rénovation de son église. L'occasion, plus que jamais, pour Reine et Marguerite, les deux cloches venant de l'ancienne église, de remplir leur rôle indiqué sur l'une d'elles : « Je convoque les fidèles au temple du Seigneur. » En ce samedi, elles annonçaient à tous les échos d'une cérémonie qui restera marquée dans les annales thurysiennes et dans l'histoire de cette église construite entre 1861 et 1864.
Les bénévoles aussi
Cette inauguration vient couronner une impressionnante série de travaux dont le résultat final est remarquable.
Sous la houlette du cabinet Cabaut, des entreprises de la région ont accompli une parfaite rénovation, marquée par l'empreinte artistique du maire de la commune, Guy Mongouachon. A cette occasion, les grandes surfaces des murs ont notamment vu leur monotonie judicieusement coupée par une frise bleue-dorée en forme de litre contournant tout l'édifice, et d'une cimaise deux tons, plaquée au niveau des sous-bassements. L'ensemble est par ailleurs parfaitement éclairé pour donner du relief et accentuer les ombres en mettant en valeur les chapiteaux, qui ont bénéficié d'une cure de rajeunissement. L'ameublement, soit les statues, les bancs, les différents tableaux, les ornements religieux, ont tous reçu, chacun à leur manière, des soins appropriés. A ce sujet, il faut mettre en exergue l'imposant nombre d'heures de travail fourni par des bénévoles ayant assuré la réussite incontestable de cette rénovation honorant le patrimoine communal. Une action que n'a pas manqué de mettre en exergue un membre de la commission communal des travaux. Auparavant, Guy Mongouachon avait détaillé aux invités du jour, toutes les idées exprimées artistiquement au cours de cette rénovation, s'attardant ici et là pour donner des explications. Et de remercier au passage les élus pour leurs aides financières sans lesquelles, rien n'aurait été possible.
Tour à tour François Patriat, président du conseil régional, Alain Suguneot, député-maire de Beaune et Emmanuel Bichot, conseiller général de Nolay, ont salué la qualité de cette restauration, en soulignant leur attachement au patrimoine.
Enfin, Mme Stroheker, secrétaire de la commission diocésaine des arts sacrés a conclu la partie laïque en soulignant « la force des longues confrontations qui ont apporté cette réalisation hors du commun. »
Puis, c'était l'heure de la cérémonie religieuse qui a débuté par une bénédiction des lieux par le père Paul Royet, délégué de l'archevêque accompagné par le père Lachaise, curé de l'ensemble paroissial.
Durant l'office, auquel participaient les enfants du catéchisme, des chants de circonstance accompagnés à la guitare, au djambé et à l'orgue, ont dispensé des airs de joie, apportant une immense chaleur au cœur des participants qui ont été invités par la mairie pour conclure ces cérémonies, à partager le verre de l'amitié à la salle des fêtes.

Henri Callabre

Les élus ont salué la qualité de la rénovation

Les enfants du catéchisme étaient également présents

article non tronqué

Fondues par Mollot‑Dubois de Dijon et bénies en 1838 par le curé Tissot, en ce jour de bénédiction des travaux de rénovation de l'église construite de 1861 à 1864, REINE et MARGUERITE, les deux cloches venant de l'ancienne église annonçaient comme il est inscrit sur l'une d'elle "JE CONVOQUE LES FIDÈLES AU TEMPLE DU SEIGNEUR". En ce samedi, elles annonçaient à tous les échos une cérémonie qui restera marquée dans les annales thurysiennes et dans l'histoire de l'église paroissiale. Couronnant une impressionnante série de travaux d'une durée de plus de six mois, le résultat final est remarquable. Conduit par le cabinet Cabaut, des entreprises de la région ont accompli une parfaite rénovation marquée par l'empreinte artistique du maire de la commune Guy Mongouachon. En effet, les personnalités invitées pour la circonstance découvraient avec une admiration non dissimulée , une architecture mise en valeur par une variance dans les couleurs. Passant d'un bleu plutôt foncé agrémenté de dorures du plus bel effet surplombant le maître autel, à un autre beaucoup plus tendre des voûtes de la nef, les différents ocres se trouvent mis en valeur . Les grandes surfaces des murs ont eu leur monotonie judicieusement coupée par une frise bleue‑dorée en forme de litre contournant tout l'édifice et d'une cimaise deux tons, plaquée au niveau des sous ‑ bassements, faisant porter les yeux sur le blanc cassé des voutes des nefs latérales . Le tout étant parfaitement éclairé afin de donner du relief à l'ensemble en accentuant les ombres et mettant en valeur les chapiteaux magnifiquement sculptés ayant reçu une cure de rajeunissement aux cours de ces travaux. L'ensemble de l'ameublement, soit les statues, les bancs, les différents tableaux , les ornements religieux, tous ont reçu , chacun à leur manière, des soins appropriés. A ce sujet, il faut mettre en exergue l'imposant nombre d'heures de travail fourni par des bénévoles ayant assuré la réussite incontestable de cette rénovation honorant le patrimoine communal. C'est cette action qui fut mise en exergue par un membre de la commission communal des travaux et qui furent chaleureusement remercié. Au paravent, Guy Mongouachon avait détaillé aux invités du jour, toute les idées exprimées artistiquement au cours de cette rénovation, s'attardant ici et là pour donner des explications judicieuses. Il remercia au passage les élus pour leurs aides financières sans lesquelles, rien n'aurait été possible. François Patriat, au cours de son propos souligna les soutiens qu'offre la région Bourgogne qu'il préside lorsque les communes décident un tel type de restauration . Citant de précédents exemples voisins réalisés au cours de 25 années de travail sur les églises, dans ces lieux de rencontre ou croyants et non‑croyants se sentent rattachés, il se dit aussi mesurer l'importante charge financière concédées . Quand au député Alain Suguenot, ses paroles débutèrent pour dire son émerveillement apporté par l'harmonie et l' hardiesse des couleurs peu souvent rencontrée dans ces lieux de culte. Militant pour le patrimoine, il rappela son plaisir d'avoir fait partie de cette chaîne de solidarité ayant aidé à cette réalisation, symbole de Lumière. Le conseiller général Emmanuel Bichot félicita chaudement tous les artisans de cette réussite: l'entreprise Fleurot de Bligny sur Ouche, la S.M.P. de Ladoix Serrigny pour les peintures, l'entreprise Derepas de Dijon à qui avait été confié l'électricité et l'entreprise Colas d'Autun s'étant chargé de la réfection des boiseries ayant conjugué leurs savoir pour une réussite exceptionnelle . C'est Mme Stroheker, secrétaire de la Commission Diocésaine des Arts Sacrés qui conclu la partie laïque en soulignant la force des longues confrontations ayant apporté cette réalisation hors du commun. C'était alors l'heure de la cérémonie religieuse qui débuta par une bénédiction des lieux par le Père Paul Royet, délégué de l'Archevêque accompagné par le Père Lachaise, curé de l'ensemble paroissial. Dans son homélie, le représentant de Monseigneur l'Evêque s'attarda sur l'héritage de ce lieu où se rassemblent les pêcheurs pour écouter la parole de Dieu notamment au cours des trois épisodes de la vie que sont la naissance, l'amour s'exprimant de différentes façons et la fin de vie. S'étendant sur les conflits de toute sortes, la réconciliation était, dit‑il, toujours un porteur d'avenir ‑ "le pardon n'étant pas l'oubli". La messe se poursuivit par la présentation du pain par les enfants du catéchisme et d'un symbolique accompagnement des artisans bénévoles alors que des chants de circonstance accompagnés à la guitare, djambé et orgue dispensaient des airs de joie apportant une immense chaleur au cœur des participants qui furent invités par la Mairie pour conclure ces cérémonies, à partager le verre de l'amitié à la salle des fêtes

suite en images

    Henri CALLABRE
 

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( article paru dans le Bien Public du 13-03-2007)

Cérémonies de bénédiction à l'église

Les importants travaux de rénovation de l'intérieur de l'église paroissiale se terminent.
Une cérémonie de bénédiction est prévue pour le samedi 17 mars à 17 h 30 en présence de personnalités religieuses et civiles. Cette bénédiction se poursuivra par la célébration d'une messe inaugurale.

    Henri CALLABRE

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( article paru dans le Bien Public du 10-03-2007)

HISTOIRE DE L'ÉGLISE V

VIERGE MODIFIÉE

En s'intéressant au financement de l'importante construction de l'église paroissiale, l'extrême générosité des habitants d'une commune ravagée pour sa moitié par un terrible incendie en avril 1798, étonne... Lorsque l'on sait que 30 ans après, tout n'avait pas été reconstruit et que des actes de rebellions sont par ailleurs signalés dans les archives. Ceux-ci ayant même nécessité l'intervention de la troupe. Pour encore mieux comprendre la situation, il faut rappeler que les assurances n'existaient pas et que, à la suite de la Révolution de 1789, la situation du Pays s'installant dans la République était assez chaotique. C'était le Second Empire et le règne de Napoléon III. Par contre, l'influence des prêtres restait très forte. Succédant au curé Gilles en 1848, le Père Michelot qui officiera à Thury jusqu'en 1876 aura indiscutablement été le père spirituel et réalisateur de l'église qui se rénove actuellement. Ces largesses et celles de sa famille démontre une famille aisée et généreuse. En voici encore une preuve supplémentaire.

Pour construire le nouvel édifice, les restes de l'ancienne église ont été pour la plupart réemployé. Toutes les pierres se retrouveront dans la maçonnerie de la construction actuelle. Quelques bois de charpente, la majorité des dalles ont de même retrouvé un emploi. Par contre, les anciennes colonnes furent cédées par la municipalité à un roulier dénommé Billard venant d'Essertenne (commune de Vievy) qui avait été chargé d'amener à pied d'œuvre les pierres de taille provenant d'une carrière de Morlet sise à deux lieues. Elles lui serviront, entre‑autre, à soutenir un hangar ou l'on peut encore les remarquer aujourd'hui.

les colonnes : au hangar et à la grille de l'entrée

avec l'aimable autorisation des propriétaires

 Mais, en 1871, sur une initiative largement financée par Madame Michelot, mère du curé, une des six colonnes sera remontée à l'emplacement du maître ‑ autel de l'ancienne église. Par contre la belle et imposante statue en fonte de la Vierge qui l'ornera sera entièrement financée par la générosité des paroissiens une nouvelle fois sollicitée par ce prêtre. Notons au passage l'importante l'influence de l'Église qui ne commença d'en perdre qu'à partir de 1905, avec la "séparation de l'Église et de l'État"

Pour mémoire, relevons les noms de ces principaux donateurs. Une foule de personnes ont d'ailleurs donné 1 franc, mais la plus généreuse a été la Veuve Robin‑ Demangeot avec 25 f. Vient ensuite, Mlle Saget (la nièce du curé) avec 20 f, puis le chantre Pierre Viennot‑Milot ‑ 12 f 50, de même que Décendre (père). L'institutrice, Mlle Marie Gaudry et le veuve Boulez‑Monot ‑ 10 f suivit par Décendre‑Chevalier avec 9 f 25. Avec un don 7 f l'on trouve Mlle Jeanne Viennot, Charles Garchey‑Tinturier et 6 f , Sébastien Robin‑Robin, M. Boulez‑Bertault. Offrant 5 f ‑ Catherine Viennot‑Bligny, Catherine Chérard, M. Boilez‑Monnot, Jean BoulezBoussard, Pierre Demangeot. M. Carion ‑ Carré donnera 4 f et 3 f pour Mlle Marceline Viennot, Veuve Prudhon‑Boni, Veuve Boulez‑Garchey, Claude Belorgey‑Chifflot. Avec 2 f 50, l'on trouve Mlle Marie Bélorgey (sage‑femme), arrive ensuite la longue liste des donneurs de 2 f ‑ Catherine Bligny, Claude Chary‑Demangeot, Pierre Boussard‑Charraut, Jeanne Chary‑Lavrillat, Eléonore Boulez‑Billard, Catherine Chérard‑Carré, Lazare Renaud, Veuve Viennot‑Jarlot, Veuve Claudine Viennot, Veuve Dupont, Veuve Viennot‑Rozerot, Mlle Nicole (institutrice), Veuve Demangeot‑Décendre, Dominique Chaussard, Veuve Bélorgey‑Lucotte, Veuve d'Antoine Lamaizière, M. Pelletier‑Belin, Pierre Viennot‑Bouhey et un voyage estimé au même prix par Bacaut. Offrant 1 f 50 Lazare Perrotin, Nicolas Bœuf, Virginie Bélorgey‑Robin, Jean Boulez‑ Billard et 1 f 20 de la part de Jeanne, épouse de Sébastien Bélorgey. A noter qu'il aura fallut près de deux ans pour clore la souscription destinée à régler la facture de cette très belle statue.

Ce fut donc qu'au 15 août 1873, à l'issue des vêpres que cette érection honorant la Sainte et Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie fut bénie en présence d'une foule très nombreuse. En cette occasion," le Pasteur et la paroisse se sont placés sous la protection spéciale de la Reine de l’Univers, et de tous cœur, se sont consacrés entièrement à Elle". C'est le terme de cette déclaration soussignée des Fabriciens ‑ Claude Décendre, Sébastien Robin et S. Viennot qui conclura cette série d'articles concernant l'église de Thury dont l'inauguration officielle des travaux de rénovation est programmée pour le samedi 17 mars à17 h 30.

statue de la Vierge Marie

    Henri CALLABRE

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LES CLOCHES:

Le clocher de l'église est doté de deux cloches. Elles proviennent de l'ancienne église. Bénies en 1838 par le Père Tissot curé de Thury de 1836 à 1838. Elles ont été fondues toutes deux par la fonderie MOLLOT et DUBOIS et montées à Dijon cette même année.

La plus grosse a été bénie sous le nom de MARGUERITE. Elle eu pour parrain Mr. Jean Marie GAUDRY‑BOULEY et pour marraine, Marguerite RENAUD, Femme de Mr. Léonard BOULEY. Cela est porté en relief à l'extérieur de même que "ANNONCE LES NAISSANCES ET LES TREPAS"

Sur la petite, bénie la même année par le curé TISSOT on peut lire "JE CONVOQUE LES FIDELES AU TEMPLE DU SEIGNEUR". Elle s'appelle REINE, avec pour marraine Reine GARCHER et Mr. Jean BOULEY comme parrain.

Là encore se démontre la domination des familles Bouley en ces années de la construction de l'église et celles qui les avaient précédées

La chapelle de la Sainte Vierge qui vient d'être rénovée au plafond par David Mongouachon avait été dessinée et peinte par Ph. LEGER pinx. en 1911

 

 

Marguerite                                     Reine

    Henri CALLABRE

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( article paru dans le Bien Public du 11-03-2007)

HISTOIRE DE L'ÉGLISE IV

Dans sa réalisation, majestueuse pour l'époque, l'église à donc été construite et puis meublée. Les ouvertures du clocher s'étaient vues dotées d'une horloge qui sonne encore et toujours mais une église sans vitraux ... Il manquait quelque chose. Aujourd'hui encore, dix sept ouvertures n'en sont pas dotées. De faux, astucieusement posés, donnent à présent une ambiance plus relative avec le lieu. Mais revenons à la pose du premier vitrail et des douze autres.

 Levez les yeux et attardez les au milieu du chœur 28 août 1891 ... Par un don de Mlle Saget, une cousine du Curé Michelot, la fenêtre ogivale centrale dominant le grand autel est magnifiquement ornée d'un splendide vitrail dédié au patron de la paroisse, St Hilaire, Père de l'Église, évêque de Poitiers vers 315‑367. Il aura été confectionné par Maître André, verrier à Aix-en-Provence et aura coûté 525 francs. Remplaçant le Père Michelot parti en maison de retraite depuis 1876, le Père Raffay , le jour de son inauguration, clamait haut et fort, que cette donation en appelait d'autres ... Mais les paroissiens devront attendre 1895, le dimanche 7 juillet exactement, pour que soient bénis par le nouveau curé de la paroisse, le Père Fourrier arrivé l'année précédente, deux nouveaux vitraux placés d'un côté et de l'autre de cette première pose dans le chœur. Ils seront encore des œuvres de Maître André. Offert par les héritiers de Aimé Berthault‑Boulez celui de droite sera dédié à Sainte Anna et celui de gauche à Saint Joannès l'Évangéliste. Ce sera pour ce dernier, un don des héritiers de Jean Boulez‑Billard. Ensemble, ils verseront dans les caisses de la Fabrique la somme de 952 francs 15 , une aide supplémentaire sera demandée à la commune pour parfaire la pose.

Répétition cinq ans plus tard. Le 4 août 1896, partant d'un don de 125 francs 40 provenant d'une largesse de Mme Veuve Chevalier et d'une similaire de M. Jean Berthault, ces mêmes ateliers André d'Aix-en-Provence furent chargés par le curé Tisserand de confectionner les deux vitraux s'harmonisant pour garnir les deux chapelles latérales. Adroite, dans celle dédiée à St Martin, le vitrail évoque Saint Thomas. A gauche, dans celle dédiée à la Sainte Vierge, il représente l'Adoration de l'Enfant Jésus. Deux fenêtres n'étaient pas encore ornées dans le chœur. Cette lacune sera comblée en 1929. Le vitrail de gauche étant offert par le curé Clémencet qui officia dans cette église de 1912 à 1934 reproduit une scène du St Esprit descendant sur la Terre. Celui de droite, offert par Monsieur Chifflot et ses sœurs Marie et Françoise représente Ste Bernadette à la grotte de Lourdes. Les deux avaient une valeur de 3.250 francs. Ce sont des œuvres signées Gerrer, maître verrier à Mulhouse. En mémoire de leur fils Jean Baptiste, Mort pour la France à Aix Noulette le 10 juin 1915, cette même année, la famille Truchot‑Laurence offrira un vitrail représentant le baptême de Jésus Christ dans le Jourdain par St Jean Baptiste. A l'opposé, en 1933, une œuvre représentant Jeanne d'Arc fut offerte à la mémoire de Jean Marie Laurence décédé à Worms (Allemagne) en mai 1932. Il était estimé à 2.250 francs.

Les quatre autres vitraux firent partie d'une volonté généreuse de Anne Tillerot, fille de la famille Giboulot‑Nief née à Thury en 1895 et décédée à Épinac en 1968. Des deux premiers furent installés de son vivant, un sera dédié à sa sœur Marie décédée de la grippe espagnole en 1918 à l'âge de 25 ans et l'autre à sa mère Catherine Nief décédée en 1955. Les deux autres feront partie d'une intention testamentaire exécutée par Roger Nief et seront dédiés, un à Saint Emiland et l'autre à Saint Claude.

A quand d'autres générosités ?

Pour conclure cet inventaire un peu succinct, faisons un aparté sur les grilles de communion de l'ancienne église installées devant le confessionnal et les fonds baptismaux. Elles sont seules à être inscrites sur le pré‑inventaîre des monuments historiques classés. La prochaine fois, et pour terminer cette série de chroniques, il sera question de la statue de la Vierge dominant le cimetière et attirant le regard du passant.

H. CALLABRE

voir les vitraux

    Henri CALLABRE

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( article paru dans le Bien Public du 27-02-2007)

Appel au bénévolat pour remise en état de l'église

Depuis le milieu de l'an dernier, d'importants travaux de rénovation de l'intérieur de l'église paroissiale sont en cours. De spectaculaires efforts liant le professionnalisme au bon goût font qu'une réelle apparence de renouveau se manifeste lorsque l'on pénètre dans ce lieu saint. Une messe d'inauguration est prévue pour le samedi 17 mars, mais avant cela, certains nettoyages et l'aménagement doivent être effectués bénévolement. Déjà vendredi dernier, un petit groupe s'est évertué dans une série importante de travaux de rénovation du mobilier. Tout n'a pas été fait, aussi, un appel est lancé pour samedi prochain 3 mars où il sera procédé entre-autre, à fignoler le nettoyage de l'ameublement parmi d'autres nécessités. Ces travaux sont nécessaire afin de donner la bonne et belle impression que l'on est en mesure d'éprouver en pénétrant dans ce sanctuaire glorifiant d'une façon certaine, la commune et récompensant en finale, le dévouement des auteurs et acteurs de cette rénovation de grande qualité.

Les bénévoles sont les bienvenus

    Henri CALLABRE

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( article paru dans le Bien Public du 25-02-2007)

HISTOIRE DE L'ÉGLISE III
A l'heure de l'aménagement intérieur et de l'ameublement

La décision de construire une l'église dans une paroisse dépendait en très grande partie de la volonté du conseil municipal, de même que le financement qui fut détaillé dans la précédente rubrique. En revanche, l'aménagement intérieur et l'ameublement dépendaient de la Fabrique présidée alors, en 1860, par le Sieur Demangeot-Lhomme.
Le premier important problème à résoudre lors de la mise en fonction de la nouvelle église fut l'attribution des concessions des bancs. Il faut noter à ce sujet que l'acquittement de ce droit de banc était une des principales recettes de la Fabrique, recette dont elle fut privée pendant les trois années que dura la construction. Aussi, en se reportant à cette époque, on constate que les divergences furent légion et alimentèrent de nombreuses réunions. Pour les indigents ne pouvant s'acquitter de ce droit, des chaises furent prévues à droite, en face l'autel Saint-Martin, pour les hommes, tandis qu'en vertu de la séparation des sexes, les femmes se virent attribuer les places de gauche, du côté de l'autel de la Sainte Vierge.
Quelques bancs de l'ancienne église reprirent du service mais une dépense de 3 000 F fut donc consacrée à l'achat de nouveaux bancs et 600 F pour celui des chaises, les droits étant adjugés le dimanche 6 mars 1864, après vêpres.
Le majestueux autel du chœur de très belle facture, en pierre de Tonnerre, œuvre du sculpteur dijonnais, M. Schanoski, sera facturé 1 800 F. La série de sculptures ornant le pied est remarquable. Quand à l'édification de l'autel dédié à saint Martin, il faut noter les dons de 620 F venant de Jacques Boulez de Paris et 75 F de M. Verdereau, de Cormot, parmi une quinzaine de donateurs.
Pour celui de la Sainte Vierge, haut en couleur, il est noté un don de 400 F de la part de Jean Sœur et sa femme, Anne Belin. Un christ en croix de bonne dimension fut apposé sur un pilier à droite de la nef. C'était une œuvre du curé Michelot à qui l'on doit aussi le bénitier situé à droite de la porte latérale. Celui-ci représente une allégorie des sept péchés capitaux. Artiste à ces heures, on lui doit aussi la réfection du pupitre orné de têtes d'anges provenant de l'ancienne construction.
Offert par Napoléon III
Mais revenons à 1863 ou, par l'intermédiaire du député M. Marey-Monge, il est demandé à l'Empereur Napoléon III, l'attribution d'une œuvre d'art. Par l'intermédiaire de son Excellence M. Maréchal-Vaillant, ministre de la Maison de l'Empereur et des Beaux-Arts, un tableau représentant la Sainte Famille sera offert par l'Empereur Napoléon III. C'est la reproduction d'une œuvre de Mme Langlois. En revanche, la Fabrique s'engagera à payer l'encadrement en feuilles d'or, l'emballage et le port, le total amenant un déficit se chiffrant à 1 600 F qui sera comblé par une aide communale. A l'heure actuelle, ce chef-d'œuvre est en cours de restauration. Il reprendra sa place dans le chœur, derrière l'autel ou il fut installé à l'époque.
En 1872, le curé Michelot préconisera l'érection des quatorze stations du Chemin de Croix, et cela au nom d'une délégation prescrite par sa Sainteté le Pape Pie IX. Ce sera ce prêtre qui en dessinera le modèle. Il faudra un an de travail au menuisier de Thury, Pierre Laurence, pour les achever. Cette réalisation s'harmonisant bien avec l'architecture de l'église sera consacrée en grande cérémonie par-devant une nombreuse assistance. Des offrandes furent demandées pour régler le montant de son coût. Parmi de nombreux donateurs, Mme Michelot, offrira 200 F, la même somme venant de la part de Mme Jeanne Lhomme, à son veuvage.
Peu dignes de l'édifice
Lors de la venue en 1866 de Mgr Victor Rivet à l'occasion d'une cinquième visite canonique, celui-ci avait estimé la sacristie bien trop petite et avait émis de sévères critiques sur la chaire et le confessionnal, les jugeant peu dignes de l'édifice. Il suggéra leur remplacement. Pour la réalisation du confessionnal, le curé Michelot fit appel au sculpteur dijonnais Delaporte.
Le 27 août 1876 a eu lieu l'arrivée du curé Raffay. C'est à lui que reviendra la résolution de ces vœux, préconisant le couronnement du confessionnal, soit une dépense supplémentaire de 160 F. Pour la création d'une nouvelle chaire, il fut fait appel à l'auteur de l'édification de l'autel principal, le sculpteur dijonnais, M. Schanoski. Très élégante, de très belle facture, elle fut officiellement réceptionnée le 15 février 1878. Il fallut régler une facture se montant à 530 F.
Un orifice avait été prévu en façade par l'architecte pour y recevoir une horloge. Il faudra attendre février 1881 pour que celui-ci fût installé par M. Truchot, horloger à Epinac. C'était un don de la famille Garchey-Tainturier et avait coûté la respectable somme de 2 000 F. La commune s'engagera à payer la personne chargée de son remontage nécessaire une fois par semaine.
Des paroissiens généreux
Au mois de juillet 1892, en gare de Thury, les représentants de l'église paroissiale prenaient livraison d'un harmonium venant de l'établissement E. Clot Fils et Cie, sis à Lyon. Cet instrument de musique choisi par l'Abbé Daléry valait 900 F, somme à laquelle il a fallu ajouter 100 F de port et d'emballage, payable l'année suivante.
Parmi de nombreuses et louables intentions, citons celle de Mlle Adélaïde Garnier, institutrice à qui l'on doit l'érection de la petite statue du Sacré-cœur de Jésus. Au cours de l'année 1879, Mlle Saget et M. Boulez- Boussard donnèrent la somme nécessaire pour la pose d'une statue de saint Joseph achetée et bénie à la Grotte de Lourdes. En 1882, une statue de la Sainte Vierge fut offerte par Mme Veuve Belorgey-Lenoir à l'occasion du décès de son mari, ainsi qu'une statue de saint Joseph à genoux, adorant l'Enfant Jésus. C'est cette même année que fut mise en place l'imposante statue de saint Hilaire, vocable de l'église. Elle sera bénie en grande cérémonie par l'abbé Mariotte, curé doyen de Nolay. Le 13 avril 1915 fut bénie et mise en place la statue du Saint Curé d'Ars offerte par la famille Rouard-Boulez, et ce, d'après les intentions de M. Rouard, décédé en 1913. Plus près de nous, en 1926, la famille Lonati-Jouard, grande bienfaitrice de l'église offrit une statue de Notre-Dame de Lourdes et un bénitier placé à l'entrée de la grande porte. L'église lui doit de même, deux colonnes en faux marbre et la statue de Notre-Dame du Carmel de Lisieux offerte à l'occasion du mariage de leur fils. Mlle Chifflot fit don en 1932, d'une petite croix en métal blanc renfermant un petit morceau de la Sainte Croix (?). Jeanne d'Arc, la dernière statue offerte à l'église provient d'un don effectué par la famille de M. Pierre Décendre.
A travers ces lignes, il est démontré l 'extrême générosité des habitants de la paroisse qui, à l'époque, furent constamment sollicités pour l'ameublement de leur nouvelle église. Dans une prochaine rubrique sera évoquée une autre forme de générosité : les vitraux.

 

Le pupitre à tête d'ange

   

don de l'empereur Napoléon III

    Henri CALLABRE

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( article paru dans le Bien Public du 18-02-2007)

HISTOIRE DE L'ÉGLISE II
Une dépense hors du commun pour la commune

La décision de construire une nouvelle église étant prise par le conseil municipal ayant à sa tête le Sieur Claude Boulez, fortement soutenu pour cela par le Conseil de Fabrique conduit par le curé Michelot, à la date du 5 décembre 1860, M. Grosley, architecte, inspecteur des monuments historiques à Semur déposait en préfecture un devis estimatif devant être porté au public. A la date du 6 mai 1861, le sieur Lhotte entrepreneur, demeurant à Thury étant le seul à présenter une soumission fut déclaré adjudicataire. Il déclarait avoir pour associé, le Sieur Philibert Giboulot demeurant à Uchey qui accepta d'hypothéquer une partie de ses biens en garantie. Le 8 juin 1861, le dossier accepté sera enregistré pour être soussigné le 12 juillet de la même année à la sous-préfecture de Beaune.
Dans le descriptif, il était précisé que cette construction aurait, hors œuvre, 31, 10 m de longueur sur 15, 70 m de largeur. Elle comprendra un clocher placé sous la façade avec tribune au premier étage, deux bas-côtés, une grande nef et un chœur ainsi que deux sacristies, une pour le chantre et les enfants de chœur et l'autre pour le curé. Aux extrémités des bas-côtés, il existera deux chapelles : une pour les fonds baptismaux et l'autre pour le confessionnal. Le tout, portail compris aura une superficie de 350 m2.
Un premier devis à 47 900 F
L'entrepreneur avait accepté un rabais de 6 centimes par franc du devis primitif se montant à 47 900 F. La maçonnerie, recommandée en pierre de la localité et de démolition de l'ancienne église, se chiffrait à 9 608 F, le terrassement étant estimé à 200 F, les fondations à 148 F. Les pierres de taille proviendraient de la carrière de Morley située à deux lieues, étaient estimées à 22 310 F. Les enduits sont recommandés en chaux et sable de rivière, ceux de l'intérieur devant être recouvert d'une légère couche de plâtre gris. Le dallage provenant en partie de l'ancienne église sera exécuté pour la somme de 334, 64 F La charpente d'un volume de 22, 87 m3, d'une valeur de 2 172 F, toute en chêne, sans flache ni aubier, devra être proprement débitée à la scie, les bois de l'ancienne église pouvant être réemployés.
Un important article concerne la couverture estimée à 1 367, 20 F pour la nef et le chœur qui devaient être recouverts de tuiles plates du pays. La couverture du clocher et des bas-côtés en ardoise d'Angers était estimée à 1 675 F.
Les trois portes d'entrée, et les autres fermetures situées à l'intérieur devaient être exécutées et posées pour la somme de 524, 15 F, les abats sons et autres menuiseries, la serrurerie et la vitrerie estimée à 50, 50 F.
Récapitulation du devis estimatif : maçonnerie, 9 608 F ; pierre de taille 22 310 F ; charpente, 3 700 F ; couverture, 3 900 F, ouvrages légers 4 500 F ; menuiserie et serrurerie, 3 300 F ; démolitions, 5 823 F ; à déduire les matériaux de récupération, 2 600 F. Total du devis estimatif, 45 300 F.
Au cours des travaux, qui devaient être terminés fin 1862, des modifications furent apportées. Les deux sacristies prévues de chaque côte du chœur furent transformées en autel : un dédié à saint Martin et l'autre à la Sainte Vierge. L'actuelle sacristie fut construite en supplément. Mais la plus grosse dépense ajoutée concernera la couverture en ardoises de la nef et du chœur, prévue en tuiles plates. Entre-autre modification, une partie du clocher prévue en maçonnerie enduite, fut en réalité façonnée en pierre de taille. Pour tout cela, le Sieur Lotte présenta une facture de 8 000 F qui lui fut acquittée sans contestations à la fin des travaux en 1863. La prochaine fois, il sera question du mobilier étant en grande partie à la charge de la Fabrique.
 

La balustrade de la tribune

   

Chapiteau portant  et chapiteau accolé, à feuillage, avant restauration

    Henri CALLABRE

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( article paru dans le Bien Public du 15-02-2007)

Finition en beauté des travaux de l'église

Le gros œuvre est à présent terminé, la nouvelle installation électrique est en place, le Chemin de Croix a été replacé par des bénévoles, les travaux de menuiserie nécessaire pour remettre les bancs en état, avance. Dans quelque temps, les paroissiens seront invités pour un ultime nettoyage en prévision de la cérémonie d'inauguration fixée au 17 mars en fin de matinée. Pour le moment, sur un échafaudage, un homme s'affaire. c'est David Mongouachon qui met tout son savoir (et il est grand) pour remettre à neuf l'autel de la Sainte Vierge, à gauche de la nef centrale. Dans un émerveillement de motifs plus colorés les uns que les autres, cette partie de l'église sera loin de décevoir dans le majestueux de la réalisation finale faisant honneur aux réalisateurs.

Travaux artistiques à l'autel de la Sainte Vierge

    Henri CALLABRE

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( article paru dans le Bien Public du 28-01-2007)

Histoire locale
La construction de l'église déclenche de curieux miracles

Si les travaux entrepris pour doter la commune d'une nouvelle église débutèrent en 1861, dès 1858, la question fut débattue avec vigueur au sein du conseil municipal, mais aussi par les fabriciens patronnés par le curé Michelot.
Un problème aussi concasse qu'inattendu allait en revanche défrayer la chronique. Pour mieux comprendre cette affaire, il faut dire que la route reliant Épinac à Arnay passait par le quartier des Varennes pour rejoindre Vellerot en empruntant le quartier de La Place.
Des vestiges existent encore actuellement de cette voie de communication, toujours appelée « le vieux chemin ». Ici et là, on retrouve son tracé, parfois inusité, mais rappelant son itinéraire primitif. Le tracé d'une nouvelle route bouleversa d'ailleurs beaucoup les habitants.
Au carrefour de la route conduisant à Uchey, commune de Vievy, il y avait les ruines de l'ancienne chapelle dédiée à Saint Martin qui avait de plus, terriblement souffert de l'incendie de 1798.
Une des habitantes du coin, la mère Bergi, pleine d'imagination, mit en place un stratagème, croyait-elle, des plus persuasifs : une croix de sang apparaissait sur la cheminée de sa maison située à deux pas. Effacée, elle revenait régulièrement au même endroit, disait-elle à qui voulait l'entendre. Et de clamer bien haut que cela était un signe de Dieu signifiant l'emplacement de la future construction.
La commune envahie
Les croyances aveugles et la crédulité propres à cette époque firent que la rumeur s'amplifia, dépassant bientôt les frontières du village. Et tout un chacun de venir se rendre compte de visu. Bientôt la fréquentation fut telle que le garde champêtre fut mandaté pour assurer la sécurité et servir de guide.
Un sens de la visite fut instauré : un groupe entrait par la porte principale, se rendait compte de la présence d'une croix de sang apposée sur la cheminée.
Ce signe de la chrétienté était alors effacé devant ces témoins avant que ceux-ci ne soient invités à sortir par la porte de derrière... et de revenir pour constater, oh miracle, qu'une nouvelle croix sanguinolente était réapparue. La rumeur s' amplifiant, les moins crédules parlèrent de physique.
Ce fut cependant bientôt un envahissement de la paisible commune. Aussitôt les marchands du temple s'installèrent, profitant de cette occasion hors du commun pour proposer, entre autre commerce, de petites croix en bois. Les cafés connurent une fréquentation record, le boulanger manqua de pain, pendant plusieurs jours les habitants des maisons voisines ne purent conduire leurs vaches à l'abreuvoir.... C'était la cohue.
La supercherie dévoilée
L'inquiétude fit alors place à l'euphorie. Parmi les curieux, des gens venus du château de Sully tout proche, déclarèrent à qui voulait l'entendre : « Il n'y a ni miracle, ni physique ». Le curé Michelot, inquiet de cette situation gênante, avisa l'évêché.
Celui-ci envoya des émissaires. Un de ceux-ci se cacha derrière l'horloge de la maison miraculeuse et là, surprit la Mère Bergi sortant de sa maie où elle se cachait, pour rapidement dessiner une nouvelle croix sur la cheminée avec du sang de poulet contenu dans un sabot.
La supercherie était démasquée, au grand soulagement du conseil de fabrique, du conseil municipal, mais aussi de l'initiatrice de ce fait qu'elle ne maîtrisait plus. Jusqu'à son décès en 1868, elle gardera son surnom de « miraciouse ».
L'église pouvait alors se construire à l'endroit pressenti. Mais le village garda très longtemps le surnom de « Thury les Miracles ».
Pour l'anecdote, rappelons que lors de l'incorporation d'un jeune Thurysien au service militaire, l'officier recruteur lui demanda son lieu d'habitation : « Thury... mais lequel ? » (il y cinq Thury en France). Le jeune homme répondit : « Thury les Miracles, bien sûr ».
Il n'y a plus de miracles au village, mais l'église, objet de tant de remous, se restaure. Pas par miracle, mais par les bons soins d'artisans de haute qualité, redonnant une véritable valeur à ce majestueux édifice.
Henri CALLABRE
A suivre : le coût de la construction de la nouvelle église

    Henri CALLABRE

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( article paru dans le Bien Public du 21-01-2007)

Histoire locale
Construction de l'église : Le début des problèmes


La décision de construire une majestueuse église à Thury ne s'est pas prise sans que se manifestent de nombreux et compréhensibles problèmes...

Au-delà de l'estimation du coût, citons le problème de l'absence d'édifice religieux au cours de la construction. L'ancienne église devait en effet être démolie à l'occasion. Il existait bien dans le quartier de la petite Place, une chapelle dédiée à Saint-Martin, mais fortement détériorée lors du fameux sinistre de 1798 ayant détruit la moitié du village. Il n'y était donc pas question d'y célébrer sans risques, des offices dans ses ruines.
Une solution fut trouvée avec la consécration d'un oratoire, ainsi que l'indique un acte officiel : « L'An mille huit cent soixante et un, le premier septembre, je soussigné, curé de Thury, en vertu de la délégation de Monseigneur l'Évêque du diocèse, ai donné une bénédiction spéciale au local disposé dans la cure de Thury pour servir d'oratoire à la paroisse pendant le temps nécessaire à la construction d'une nouvelle église. Tous les paroissiens assemblés pour entendre la messe en ce jour de dimanche ont assisté préalablement à cette bénédiction canonique. En foi de quoi, j'ai rédigé cet acte et l'ai signé avec plusieurs témoins de cette crémone religieuse ». Signé Michelot, curé.
Ce fut donc dans un local de la cure datant de 1741 que furent célébrés les messes, les vêpres, les mariages, les baptêmes, les premières communions et les obsèques entre autres cérémonies du culte, en attendant la bénédiction qui sera effectuée en 1864 par l'évêque, Mgr Rivet.
Un calvaire déplacé
Evoquons à présent un autre problème. Sur le plan publié précédemment (voir notre édition du 14 janvier), on remarque la présence de deux calvaires. Un seul existe encore actuellement. C'est celui que l'ancien curé Cordesse avait fait érigé à l'occasion d'une mission en 1834. A son décès en 1835, à l'Occident, sa dépouille mortelle sera inhumée au pied de ce monument. Elle y est toujours.
L'autre, très ancien et de très belle facture était située à l'emplacement qu'occupe actuellement l'église. Pendant les orages de la Révolution, à l'initiative du curé Battault et de quelques paroissiens, la croix en pierre avait été ensevelie pour échapper à d'éventuels dégâts. C'est sous le passage du vicaire Davelle, curé de Jours- en-Vaux, qui officia de 1801 à 1803 en attendant la nomination d'un autre prêtre, qu'elle sera replacée au lieu qu'elle avait occupé précédemment. En 1833, sur une initiative du curé Cordesse, elle sera de nouveau déplacée pour être installée sur le paquier de Rieure. Les années s'écoulant, ce témoin de la chrétienté tombera en désuétude. Le curé Michelot décidera alors de sa restauration et le 14 novembre 1867, elle sera installée et bénie sur l'emplacement que l'on connaît à présent, c'est-à-dire à l'intersection des chemins d'Arnay -le-Duc et de Vernusse. Pour lui assurer une assise correcte, un second gradin sera construit avec des débris d'une pierre ayant servi de fondement à une des colonnes de la vieille église. Inscrite sur l'inventaire des monuments historiques, elle reçut quelques soins au cours des premières années de 1980 de la part d'une équipe de fouilleurs conduite par M. Guillaumet, conservateur au musée d'Autun qui effectuait des fouilles dans les tumulus de la Prée. Passants, arrêtez -vous quelques instants d'admiration, elle en vaut la peine.
Henri CALLLABRE
A suivre, « Les miracles de Thury », qui auraient été provoqués par la décision de construire une nouvelle église.

 

Le calvaire de Rieure

La porte d'entrée de la cure qui servit d'oratoire pendant la construction de l'église

    Henri CALLABRE

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( article paru dans le Bien Public du 14-01-2007)

histoire locale
Construction de l'église : Les actes symboliques de 1861 et 1862


Entourée d'un cimetière clôturé par un mur, s'élevait l'ancienne église de la paroisse de Thury qui dépendait du bailliage et de l'archiprêtré d'Arnay-le-Duc. Jusqu'en 1769, elle faisait partie du diocèse d'Autun, archiduché de Beaune avant d'être rattachée au diocèse de Dijon. De style gothique, avec un chœur muni d'une voûte en plein cintre, elle mesurait 14 m de longueur, et paraissait insuffisante pour les près de 800 habitants que comptait alors la commune.
Après de nombreuses réunions et des confrontations de deux solutions, celle de construire un nouvel édifice est retenu en faveur de celle envisageant la réparation de l'ancienne datée de 1460.
Si Claude Boulez-Monnotétait à la tête du conseil municipal, la personnalité du curé Michelot dut certainement avoir une influence dans la décision. En 1860, M. Grosley, de Semur, est retenu comme architecte et un premier devis est proposé aux adjudicataires. Ce sera le Sieur Lhote, entrepreneur d'église venant d'Ancy-le-Franc, dans la Creuse, qui sera retenu.
La disparition de l'ancienne église
L'ancienne église sera démontée, certaines pierres étant réemployées. L'an de Grâce 1861, le 17 septembre, en vertu d'une délégation spéciale de Mgr Rivet, évêque du diocèse, avec la bienveillance de vénérés confrères à savoir : les curés de Molinot, Antigny, Jours-en-vaux, Ivry, Epinac, Vievy, Saint-Pierre-en-Vaux, Maligny, de l'Abbé Bligny, aumônier de l'hôpital de Beaune, et d'une nombreuse assistance, le curé de Thury, Michelot, bénit l'emplacement de la future église.
Au cours de cette cérémonie, la première pierre placée à l'angle gauche de l'édifice qui sera construit sous le vocable de saint Hilaire, évêque de Poitiers, a aussi été bénie.
Tous les notables présents, dont le marguillier Mariotte, sous-signèrent le registre de Fabrique où fut consignée cette cérémonie.
En souvenir de l'érection de cette nouvelle église, l'an de Grâce 1862, le 13 mai, le curé Michelot fit sceller sous une pierre du portique, au côté gauche (en sortant) à hauteur d'homme, une capsule de plomb renfermant de nombreux symboles.
A l'intérieur de cette capsule ont été rassemblés : une pièce de monnaie à l'effigie de l'empereur régnant et portant le millésime 1861 ; deux petites pierres brillantes provenant d'une mosaïque de l'ancienne église de Sainte Sophie de Constantinople, prise sur place par le capitaine Michelot- Ravailhe, frère du curé ; une médaille à l'effigie du Glorieux et Bienaimé Souverain Pontife Pie IX, frappée en souvenir de la proclamation du Dogme de l'Immaculée Conception, portant avec l'image de la très Sainte Vierge, le millésime 1854 et le millésime 1862, gravé au burin avec le nom de Thury.
La capsule de plomb, du poids d'un kilogramme environ, de forme quadrangulaire, de six centimètres carrés à la surface supérieure, provenait de balles recueillies sur les ruines de la Tour Malakoff (un ouvrage défendant Sébastopol prit d'assaut par les Français en 1855) par le capitaine Michelot.
Le caillou servant de base à la capsule étant une térébratule, ou un abricot fossile de Crimée, où le vase avait été fondu. Le tout fut recouvert d'une plaque circulaire en fonte d'un diamètre de 15 centimètres environ et représentant l'effigie de Napoléon III.
La construction de l'église à l'emplacement de l'ancien cimetière obligea le déplacement d'un calvaire qui fut restauré et remonté au carrefour de la route du Plessis et celle allant à Vernusse, à deux pas de l'ancienne voie romaine reliant Autun à Langres.
Ces renseignements avaient été consignés, soit dans les registres de délibération du conseil municipal, soit dans le registre de Fabrique où ils ont été puisés.
Là commençait l'historique de l'église paroissiale dont la réfection intérieure se précise, et dont nous continuerons à conter l'historique.

Synthèse simplifiée de l'implantation des deux églises

    Henri CALLABRE