L'ÉGLISE DU VIEUX SAINT PIERRE

Son histoire

Louis Jarlaud

Transcrit par Jean Louis Ternot à Vellerot   été 2003

compagnons du Vieux Saint Pierre

 plan cadastrale n ° 11 fait pour la comtesse Damas en 1772
 

  

Minutier des notaires AD Côte d'Or :
4 E 64/75, Francois Loydreau notaire apostolique (1729 /1754)

Transcrit par Jean Louis Ternot à Vellerot   été 2003

Compagnons du Vieux Saint Pierre

_________________________

En marge :
fit en parchemin

prise de possession de la cure de St Pierre en Vaux par maistre Sebastien Valotte

L'an mil sept cent quarente neuf le vingt troisieme de novembre neuf heures du mattin au devant de la grande porte sous le chapiteau de leglise paroissialle de Saint Pierre en Vaux estant sous le vocable de Saint Pierre au dioceze d Autun pardevant moy Jean François Loydreau notaire royal et apostolique dudit dioceze residant a Arnay le Duc soussigné a comparu en sa personne maistre Sebastien Valotte prestre de le dioceze lequel ma representé la nomination et visa qui lui a esté donne par monseigneur lillustrissime et reverendissime evesque dudit Autun le dix neuf de ce mois bien signé dudit seigneur evesque et plus bas La Croix secretaire insinue et controllé au greffe eclesiastique dudit Autun par maistre Martenne lemesme jour pour prendre possession de la cure et eglise dudit St Pierre en Vaux vacante par la demission qu'en fit entre les mains dudit seigneur evesque Maistre Gros cy devant curé par acte passé pardevant moy ledit notaire le neuf de ce mois controllé a Aranay le Duc par Testot ledit jour , et requiait ledit sieur Valotte en surplis et estante assisté de maistre Jean Jacques Robin prestre chanoine de leglise cathedralle dudit Autun aussy en surplis , qua la veüe desdits nomination et visa jaye a le mettre presentement dans laditte possession a leffet dequoy mayant mis en main ledit visa et lecture en faitte a haute et intellegible voye en presence de tous les autres assitans cy apres nommés , Jean Jacquelin lun des marguillers de laditte eglise en ayant mis les clefs entre les mains dudit sieur Valotte et en a fait ouverture y est entré avec les assistans a sonné et fait sonner les cloches a la volée pour avertir tous les paroissiens de sa prise de possession , et sestant ensuite mis a genouil sur le marche pied du maistre autel de laditte eglise il a entonné le Veni Creator auquel il a esté repondu pas lesdits assistants , ensuitte a baise ledit autel a ouvert le tabernacle a visité les vases sacres quil a refermé , a visitté les deux autels de laditte eglise , est monté dans la chaire , a pris place dans le confessionnal , a ouvert visitté et referme les saints fonds baptismaux , est monté sur la tribune ou il a pris sceance dans la chaise destiné au sieur curé au pupitre , est venu dans la sacristie ou il a visitté les linges et ornements et estant revestu des habits sacerdautaux et est venu au mestre autel ou il a celebré la sainte messe , et a la fin a entonné le Te Deum auquel il a esté repondu par tous les assistants , sans qua tous ce que dessus il luy ay testé apporté aucune opposition trouble ny empeschement , pourquoy je lay par tous les faits cy dessus et sur ses requisitions mis et met par cette dans la vraye , reelle , actuelle , et corporelle possession desdittes cure et eglise de St Pierre en Vaux qui est de larchiprestré d Arnay le Duc et de tous ses droits frais proffits et revenus tant fixes que casuels dicelle pour en jouir bien et dument comme ont fait ou den faire tous les cy devant curés , promettant ledit sieur Valotte par son serment in verbo sacerdotis quil a presté entre mes mains de veiller soigneusement a la conservation de tous lesdits droits frais proffits et revenus , dont et du tout jay donne le presant acte audit sieur Valotte qui la requis pour luy valloir et servir par tout ou il appartiendra ceque de raison
Letout fait passé en presence de maistre Estienne Moingeon prestre curé de Thury , de Jean Millard maistre decolle dudit St Pierre en Vaux , du sieur Pierre André marchand a Veullerot , de Charle Belorgey marchand audit lieu , de Pierre Chirat manouvrier audit Saint Pierre en Vaux # , Louis Gaudry laboureur demeurant audit Veullerot qui se sont tous soussignes avec ledit sieur Valotte ledit sieur Robin et moy ledit notaire tous les autres paroissiens presants ayant declaré ne scavoir signer de ce drument enquis et requis
# Jean Jaboeuf laboureur a Vernus , Dominique Dupont laboureur audit , renvoy approuvé

signatures :
S Valotte curé de St Pierre en Vaux
Robin chanoine d'Autun
Moingeon prestre curé de Thury
Pierre Andre
J Jaboeuf
D Dupond
J Millard
L Gaudry
Charle Belorgey
Loydreau notaire


controllé a Arnay le Duc le vingt quatre novembre 1749
recu six livres et pour bource commune cinq sols
signature : Loydreau en absence

DOCUMENTS SOURCES

 

 

Transcrit par Jean Louis Ternot à Vellerot   été 2003

Compagnons du Vieux Saint Pierre

Vieux Saint Pierre  ou   

Transcrit par Jean Louis Ternot à Vellerot   été 2003

Compagnons du Vieux Saint Pierre

Minutier des notaires AD Côte d'Or :

4 E 64/75, Francois Loydreau notaire apostolique (1729 /1754)

En marge :

Démission faitte par maistre Claude Gros de la cure de St Pierre en Vaux a monseigneur d'Autun

L'an mil sept cent quarante neuf le neufieme de novembre apres midy a Arnay le Duc en letude et pardevant le notaire royale et apostolique du dioceze d Autub residant audit Arnay soussigné a comparu en sa personne maistre Claude Gros prestre curé d Etalente, et Saint Pierre en Vaux des le dix may dernier lequel ma demandé acte de la declaration quil fait quil se desiste remet et delaisse laditte cure de Saint Pierre en Vaux purement et simplement a monseigneur lillustrissime et reverendissime evesque d Autun pour luy en disposer quand et comme il jugera apropos et en fa[i]rent de bon luy semblera, ce qui a esté accepté pour mondit seigneur levesque absent par ledit soussigné notaire et neanmoins sous son agrement et non autrement , lequel acte jay octroyé audit sieur Gros qui la requis pour valoir et servir par tout ou il appartiendra ce que de raison sous le sel royal de la chancellerie de ce pays duché de Bourgogne et de touttes autres cours royalles fait lu et passé en presence des sieurs Jean Caillet et Jacques Piccard pratitiens deumerants audit Arnay tesmoins requis et soussignes avec ledit sieur Gros et moy ledit notaire

 signatures :

Gros curé d'Etalente   

            Picard

       Caillet 

       Loydreau  notaire

 

controllé a Arnay le Duc le 9 novembre 1749

recu six livres

signature :  Testot

DOCUMENTS SOURCES

 

 

 

Transcrit par Jean Louis Ternot à Vellerot   été 2003

Compagnons du Vieux Saint Pierre

Vieux Saint Pierre   ou 

L'église du vieux Saint Pierre remonte loin dans l'histoire puisqu'elle apparaît vers le IX siècle dans ses premières fondations

( renseignements et documentations Yvonne Moingeon)

 L’ÉGLISE DU VIEUX SAINT PIERRE AU COURS DES SIÈCLES

Le site de l’église du Vieux St Pierre nous interpelle par son mystère ; il fut sans doute connu à l’époque celtique comme en témoigne cette maléfique « pierre à huit trous » (pierre à cupules) : à qui la touche, meurt dans l’année…longtemps cachée dans les bois épais.

Quand l’Abbé Guérard fut nommé à Lacanche, il éprouva le vif désir de la connaître. Il était accompagné dans ses recherches par un «  mystérieux savant », M. Gros qui possédait une maison au village de Magnien. Tous deux demandèrent avec insistance à Charles Bélorgey « dit du moulin », meunier du Moulin Rouge, de les conduire à cet endroit secret, caché dans les fourrés…Plus tard, elle fut démystifiée et mise au grand jour quand une coupe à blanc fut effectuée en 1990 dans les bois qui l’entouraient, malgré une levée de bouclier contre ce désastre écologique…

D’après M. Gros, l’église fut édifiée « pour faire pierre » contre cette pierre païenne,  « Pierre contre pierre » disait – il Église très simple, mais aussi refuge, voir ses fenêtres meurtrières, elles voisinaient avec une motte forte, ancêtre du château féodal, dressée sur une éminence le long de la rivière La Canche. A l’ancien cadastre de 1841, la parcelle est  appelée « pré du château de la motte » Il fallait se protéger des brigands. Le moulin  du Battoir fonctionnait en bas, à gauche du chemin de Serve. Au début du 15ième siècle fut construit un moulin neuf « assis sur la rivière de Lacanche sous Vaux ». Au 16ième siècle, il fut appelé « Moulin Rouge »….pourquoi ? ? ?

Nous ne connaissons pas les rapports entre l’église et les anciens seigneurs du Château de Vellerot

Après les PEAUDOYE, les BRESCHARD ou BRECHARD, 1520, Rose PEAUDOYE épouse Claude de Breschard. Son fils Jean se marie avec une demoiselle De Macheco de laquelle il a 10 enfants (peu de survivants, peut être 3 ou 4 filles) Sans doute fortuné, c’est un rassembleur qui accroît considérablement son domaine. La dernière de ses filles, Jeanne Charlotte aurait été baptisée en 1580 en l’église du Vieux St Pierre (voire château de Vellerot) et la mère serait décédée quelques mois après. Plus tard, il y aurait eu une épidémie de peste

En 1442, Charles PEAUDOYE possédait à Vellerot une tour et maison forte…Peut-être est-ce Jean de BRESCHARD qui en fît une construction plus importante.
Et l’église ? ? ? La rénovation extérieure de 1996 a mis à jour une porte ancienne, à droite de la porte latérale cloutée et surmontée d’un arc en accolade. Jusqu’en 1996, on voyait la trace d’un blason sur la litre.

Les SALLONNIER (ou Salonnier) de la Motte, les DES JOURS, les DAMAS, branche cadette d’Antigny

1658 : François de Damas épouse Eléonore Marguerite Des Jours, leur fils Claude épouse Michelle TEXIER, fille du Seigneur d’Ornée. Dans les actes de baptême, les Damas sont cités comme parrains…représentés ou présents comme en témoignent leurs signatures.

Claude DAMAS meurt à la guerre des Flandres, fin 1693. Il laisse deux fils, un troisième posthume naît en janvier 1694 (archives d’Autun) Cette fin glorieuse est-elle à l’origine de la litre qui ceinture l’église à l’extérieur ? ? ? et…grande surprise ! les travaux intérieurs de 2002 mettent à jour des fragments de la bande noire de la litre intérieure. Ces deux litres attestent que le seigneur possédait haute, moyenne et basse justice, ceci depuis Jean De Breschard

Le troisième DAMAS, Louis, épouse Catherine de CHAUGY. Les registres des paroisses nous font connaître leurs descendants, souvent frappés de malheurs. 2 fils décèdent, l’un à 14 mois en 1727, l’autre à 3 ans et 5 mois en 1731. De 1728 à 1737, cinq filles naissent…3 survivront.

Les Damas font des dons à la fabrique de l’église. Louis est gouverneur de Flavigny ou il décède en 1747.

1757, baptême de la cloche de l’église ( le clocher est alors un simple chevalement sur le toit). Parrain :Messire L. Tudert, chevalier de Malte commandeur de Beaune. Marraine : haute et puissante Dame Catherine de Chaugy, veuve de Messire Louis de Damas, seigneur de Vellerot, St Pierre en Vaux et autres lieux. Baptême officié par le Curé Roulet (relevé dans le clocher en décembre 1995 par Henri Callabre et sa fille Nadine)

 

L’ÉGLISE DU VIEUX SAINT PIERRE AU COURS DES SIECLES

 

1790 :Archives départementales de la Côte d’or, série Q

St Pierre en Vaux : Mathurin Escalier. Deux  représentants du district d’Arnay le Duc, canton de Vievy, se rendent à la cure accompagnée de Jean Dupart le Jeune, laboureur à Vernusse pour servir d’indicateur. Ils se transportent sur le « fonds d’héritage » …Finage de Vernusse, 29 parcelles, Vellerot 3, Serve 6 et Champignolles 1

1827 : réparation de l’ancienne cure. Compte acquitté par M. le Comte Casimir de Villers la Faye sur une somme de quinze cents francs (cité dans la délibération du conseil municipal n° 69 du 29.  9 1840

1830 :Archives de l’Evêché de Dijon : lettre du curé Roger à l’Evêque (votre Grandeur)…L’ancienne église menace de ruine, il y pleut de partout, elle n’est qu’à moitié grande pour contenir les paroissiens, ni bancs, ni chaises « quiconque veut s’asseoir ou se mettre à genoux est obligé de se mettre par terre, position très pénible en temps de neige ou de pluie »

1836 : délibération : n° 99, feuillet trente deuxième du registre des délibérations du C. M. : grande urgence que l’église soit réparée

N° 104, feuillet trente troisième : appel à M. Fénéon, architecte « car l’église tombe de vétusté »

1837 : 19 février, feuillet trente neuvième : réparations à l’église, devis de 1367 F 37 adopté (grande urgence)

SOURCES : Archives départementales de la Côte d’Or –fonds de Vellerot J 16

                    Archives de l’évêché de Dijon

                    Registres des paroisses de St Pierre en Vaux

                   Registre des délibérations du C.M. de St Pierre en Vaux

                  D.R.A.C. (inventaire d’août 1971)

                  Sources diverses

LES CURÉS DU VIEUX SAINT PIERRE

 

PRÊTRES, d'après l'Abbé Guérard :

 

1671 : curé Guichard.

 

1691 : curé Jacques Bouhier.

 

1749 : curé Pierre Jouffrey (pendant 46 ans).

 

1749 : le 3 avril décès du curé Nicolas François Janty âgé d'environ 42 ans (acte signé par divers curés dont Charlieu, curé de Champignolles)

 

1751 : curé Valotte. 1755 le 28 mai, décès du curé Cantarelle âgé d'environ 35 ans (signé Lardillon, curé de Maligny).

 

1759 : décès le 4 mai du curé Claude Roulet âgé d'environ 58 ans

 

INHUMATIONS DANS L'ÉGLISE - LES PRËTRES - LES RECEVEURS DE LA CONFRÉRIE DU St SACREMENT

 

1768 : le 22 mars Pierre André, marchand à Vellerot est inhumé en présence de son gendre Etienne Drouin, marchand à Evelle et de Antoine Jarlaud, son autre gendre, marchand à Vellerot et de Claude Bélorgey, marchand au même lieu (signé : Carimantrant)

 

1773 : le 25 mai, Antoine Jarlaud âgé d'environ 40 ans, marié à Pierrette André le 6 février 1753.  

 

AUTRES PERSONNES INHUMÉES EN L'ÉGLISE

 

1757 : le 5 décembre Gabrielle de Quincey, 61 ans, femme de Claude: Bélorgey marchand ‑ fermier à Vellerot

 

1759 : le 29 mai, Jean de la Maizière, maréchal, âgé de 70 ans

 

DEVANT L'AUTEL DE ST EUTROPE

 

1755 : le 3 janvier, Pierre Dupont âgé de 4 ans, fils de Dominique Dupont et Jeanne Porcheret

 

1755 : le 15 avril, Charles Bastin âgé de 6 mois

1755 : le 6 mai , Jeanne Molard âgée de 2 ans.

 

1756 : le 26 août , Edmée Dubuet âgée de 6 mois

 

1758 : Anne Caillot âgée de 10 jours

 

1758: le 4 juillet, Charles Rozerot âgé de 14 mois..etc   

ENFANTS Inhumés sous le chapiteau :

construction auxiliaire, accolée au flanc de l'église, non consacrée, sol dallé ou carrelé.

1759 : le 21 juillet, Antoine Ligier âgé de 3 semaines

 

1759 : le 24 novembre, Marguerite Charles âgée de 4 jours

 

1760 : le 10 janvier, Lazare Bongrand âgé de 2 ans

 

1760 : le 3 février, Etienne Vieille âgée de 2 ans et 4 mois, fils de Philippe Vieille, sabotier et de Marie Bonnard, son épouse décédée le lendemain. Inhumé en présence de Lazare Belorgey, recteur d'école.

 

1760 : le 17 février, Magdeleine Vieille âgée de 4 ans (à noter les décès de 3 personnes de la même famille en 15 jours ... épidémie ?)

 

1760 : le 5 mai, Germain Blondeau, aubergiste à Vellerot, âgé d'environ 66 ans, inhumé devant l'autel de St Eutrope en présence de Jacques Donneaux, son neveu et de Jean Drouin, marchand au lieu – dit St Pierre

 

1761 : le 22 janvier est inhumé devant l'autel de St Eutrope Antoinette Donneaux âgée de 4 ans, fille de Jacques Donneaux maréchal à Vellerot et de Jeanne Jaboeuf  

 

Au moment des prières les défunts étaient posés sur la table des morts attenant au calvaire ( il en subsiste peu )

 

 

UNE HISTOIRE DE CLOCHE

 

En 1865, 17 septembre : extrait des registres du conseil municipal de St Pierre en Vaux, n° 162

 

Le Marquis de VILLERS (maÎtre de forge à Lacanche, maire de la commune et propriétaire du château de Vellerot) expose que depuis plusieurs années l'église, l'ancienne chapelle de St Pierre en Vaux, n'est plus affectée aux exercices du culte que deux fois par an, qu'elle possède une assez belle cloche qui n'est pas d'une grande utilité, que néanmoins, il ne conviendrait pas de priver complètement cette chapelle d'une cloche... Qu'il propose de faire transporter à ses frais la dite cloche à l'église de la commune, au lieu ‑dit : Les Carreaux, et de la remplacer par une petite cloche qu'il possède dans son château et appartenant autrefois à une chapelle qui y existait.

 

Le Conseil trouve la mesure avantageuse et exprime sa reconnaissance.

 

La cloche fut donc descendue du clocher et emmenée aux Carreaux. A la suite de réparations urgentes effectuées sur l’initiative du curé Louis Deblangey ( 1910 à 1920) ayant lancé une souscription, la cloche reviendra en 1912 dans son clocher au Vieux St Pierre. C'est elle qui sonne aujourd'hui encore, si l'on tire vigoureusement la corde et rappelle qu'une église existe dans ce coin perdu de la commune de St Pierre en Vaux.  

 

 

ARCHIVES DE L'ÉVÊCHÉ DE DIJON

 

1881 le 15 Août . Le Curé Servanges (arrivé le 15 octobre 1874 venant de St Jean de Boeuf) écrit à Monseigneur l'Evêque de Dijon ...

 

J'ai l'honneur de demander conseil à votre Grandeur sur ce que je dois faire au sujet de l'ancienne église de Saint Pierre en VAUX. Elle est sur le point de tomber en ruines et demande ou à être démolie, ou à être un peu restaurée.

 

Les habitants se décideront difficilement à la voir disparaître complètement à cause de pieux souvenirs qui s'y attachent et par respect pour l'ancien cimetière qui est là (l'on y enterra les morts jusqu'en 1860).

 

Ce qu'il aurait peu être de plus pratique serait de démolir la nef et de conserver le chœur pour en faire une petite chapelle car, à l'avenir, il est peu probable que la commune veuille continuer à entretenir l'ancienne église et la nouvelle (consacrée en 1840) tandis qu'une petite chapelle ne nécessiterait que peu de dépenses , à l'intérieur en la réparant un peu proprement, on pourrait peut être y aller dire la messe une fois ou deux par an pour les morts dont les corps reposent dans l'ancien cimetière.

 

REGISTRE DES DÉLIBÉRATIONS DU CONSEIL MUNICIPAL

 

1887 le 1 août :En date du 26 juillet dernier, demande de M. Etienne Coste (maître de forge à Lacanche) concernant des réparations à faire dans 1 ' Église du Vieux St Pierre.

 

1887 le 14 août : Pétition de M. Etienne Coste qui demande à être autorisé à faire à ses frais des travaux de consolidation en l'église du Vieux St Pierre.

 

Autorisation unanime donnée par le conseil municipal qui exprime à l'avance ses sincères remerciements.

 

1912 : Extrait du bulletin paroissial de janvier 1912

 

En 1838, grâce à la noble famille des Villers la Faye, une nouvelle église ayant été bâtie dans un autre vallon, l'antique monument fut peu à peu délaissé et devint bientôt la demeure des hiboux qui pullulent dans ce lieux.

 

Actuellement son aspect est des plus lamentables et il n'est pas nécessaire d'être architecte pour annoncer sa prochaine disparition si des réparations absolument urgentes ne sont pas exécutées à bref délai.

 

Une souscription dont le produit sera publié dans le bulletin paroissial de St Pierre en Vaux est dès à présent ouverte.

 

Nul doute que les habitants de Vellerot, Vernusse, Serves et autres lieux dont les ancêtres reposent à l'ombre de ce vieux monument ne s'empressent de répondre à l'appel.

 

APPEL ENTENDU

 

Monsieur le curé Deblangey employa Jean Deguin (père de Cècilia) à la démolition de l'ancienne sacristie. En soulevant les dalles, ils découvrirent des squelettes, ce qui lui causa une grande frayeur. D'autres habitants de la commune participèrent aussi à la mise hors d'eau de l'édifice et pour cela, fut sauvée de la ruine.

 

C'est grâce à des souvenirs de Jeanne Rozerot et de Jean Bligny (ancien Maire) que 1’on peut assurer qu'un véritable sauvetage fut effectué avant la Grande Guerre de 14-18.                                        

                                        Henri Callabre

PÈLERINAGE DU LUNDI DE LA PENTECÔTE

 

Extrait: du « Messager » bulletin paroissial de Lacanche, St Pierre en Vaux, Champignolles du  2ième semestre 1956

 

Le lundi de Pentecôte dernier, l'église du Vieux St Pierre avait fait brin de toilette. Cimetière ratissé et resablé, coups de torchons et de plumeaux, nappes et candélabres, rien n'y manquait ! Grâce à de nombreux dévouements, elle se présentait: sous son meilleur aspect. Elle attendait une visite...

 

Le petit sanctuaire du IXième  siècle, presque isolé au milieu des bois, recevait ce jour là, Notre Dame de Vellerot (nom de baptême donné à la statue La Vierge et l'Enfant par le curé Lanoiselée qui l’avait transférée dans l'église des Carreaux par sécurité.) Pour un jour, le vénérable statue revenait: dans sa première demeure. Cela lui était: facile désormais, plus de gués à passer, plus d'ornières boueuses, mais de solides ponts et un chemin remis à neuf, grâce aux bons soins de la municipalité (Maire Lucien Garchey.) Tout était pour le mieux.

 

Il faut dire que tout un peuple accompagnait Notre-Dame, disant le chapelet et chantant, et même Monseigneur accompagné de son grand vicaire ! Il y avait fort longtemps que la petite église n'avait vu tant de monde à la fois avec Evêque.

 

Elle se souvenait: des temps anciens ou les fidèles venaient: de loin pour prier dans ses murs, un baptême d'une petite fille, Charlotte de Bréchard, première compagne de la mère de Chantal et une bien sainte âme..., de tant d'événements tristes ou joyeux. Que de souvenirs ! ... et pour la dernière fois, et qu'elle demeura seule dans le silence des bois, veillant sur les tombes et puis l'abandon et la ruine en attendant: les récentes réparations à l'instigation de l'Abbé Lanoisellée.

 

Trop petite la pauvrette pour contenir cette procession qui lui arrivait par le petit chemin. Il fallait bien grouper tout ce monde devant sa porte, sous ses yeux, autour de la croix.

 

Et comme elle comprenait tout ce que le chanoine Mathey dit aux pèlerins « Que la terre n'est qu'un pèlerinage ! que nous allons tous vers le même but, supportant les fatigues de la route ! que Notre - Dame est là pour nous aider à surmonter les obstacles et soutenir notre fidélité ! qu'aucune invention moderne ne nous dispensera de l'invoquer »

 

…Et le soir, quand la vieille chapelle fut redevenue solitaire dans l'ombre de la nuit, le Vieux St‑ Pierre souriait dans sa barbe...

 

Ce texte de l'Abbé Guérard qui officia dans la paroisse de 1955 à 1962 est extrêmement intéressant car il permet de constater que nous sommes à un tournant dans l'histoire de la vieille église. Venant d'être restaurée, elle est à présent accessible facilement grâce aux ponts, ce qui brise l'isolement des habitants du lieu.

Henri Callabre

 

D' APRÈS YVONNE MOINGEON

   Il est impossible d'écrire et de décrire l'histoire du Vieux Saint Pierre dans son entier. Celle-ci comportant des zones d’ombre de ses origines à la Révolution... Au XIX siècle, les textes, quand ils existent, ne donnent que des renseignements fragmentaires. Cette petite église intrigue et conserve bien son secret... Déjà, pourquoi l'avoir construite dans ce vallon isolé, peu accessible en raison de la rivière qu'il fallait traverser, d'un côté comme de l'autre à gué ou sur une planche ?

   Lorsque l'on franchit son seuil, l'on est ému par sa simplicité, par son mystère, par son grand age aussi. C'est la plus vieille église de la région. Ce modeste sanctuaire souvent menacé de destruction a toujours été sauvé. Les derniers travaux de restauration rassurant sur son avenir, elle fera bien partie du patrimoine qui sera transmis aux descendants du troisième millénaire et fera se poser encore bien des interrogations.

 

LES CURÉS DE L'ÉGLISE DU VIEUX ST PIERRE DEPUIS 1671

 

A la suite des travaux de l'Abbé Guérard une liste des prêtres ayant desservit cette église a été établie .

1671 : curé GUICHARD –

1691 : curé JACQUES BOUHIER -

1703 : curé PIERRE JOUFFREY –

1748 : curé Nicolas JANTY décédé à l'age de 42 ans et inhumé dans l'église d'après un acte signé par le Père   CHARLIEU desservant Champignolles.

La cure étant vacante en novembre 1749, l'intérim est assuré par le curé  Moingeon de THURY –

1749 : curé VALOTTE –

1751 : curé CANTARELLE décédé à l'age de 35 environ et inhumé dans le sanctuaire de l'église par le curé  LARDILLON desservant MALIGNY –

1755 : curé CLAUDE ROULET décédé âgé de 58 ans environ et inhumé dans   l'église –

1759 : curé CARIMANTRANT.

 

Un manque de registre nous conduit en l'An 2, le curé ESCALIER en est alors le desservant.

 

1803 : curé PIERRE COQUEUGNIOT. Il sera enterré au Vieux St Pierre en 1815 –

1816 : curé JOURDEUIL –

1818 : curé RABIOT –

1827 : curé PIERRE ROGER jusqu'en 1840 où la cure est transférée aux  Carreaux.

 

1860 : curé AUGUSTE PARISOT

1874 : curé JEAN BAPTISTE SERVANGE, enterré aux Carreaux

1894 : remplacé par le curé LEON SERVANGE puis en

1902 : par JEAN BAPTISTE LASSALAS –

1906 : les Carreaux seront rattachés à Maligny avec le curé LEON SERVANGE, suite à une séparation d'avec  Maligny en 1910 –

1910 : curé LOUIS DEBLANGEY et rattachement avec Maligny en

1920 : avec l'arrivée de l'abbé AUGUSTE LANOISELEE‑

1953 : rattachement à la cure de Lacanche avec

1955 : les curés GUERARD (auteur de nombreuses recherches sur le Vieux St Pierre)

1962 : puis arrivée du Père CONNETABLE,

1964 : du Père BELORGEY

1666 : JEAN BARASTIER, curé de Molinot desservant Lacanche –

1988 : curé BERNARD GOURRIER

19     : le Père PAUL ROYET de l'ensemble paroissial d'Arnay-le-Duc  

QUELQUES DATES CONCERNANT LES TRAVAUX

1827 :  réparation de l'ancienne cure pour une valeur de quatorze à quinze cent francs

1837 : en date du 19/2, un devis présenté par M. Fénéon, architecte à Dijon s'élevant à mille trois cent soixante sept francs 37. D'après une lettre du Maire M. Rozerot en date du 22/6 destinée à l'architecte, il signale que les fondations du nouveau clocher sont faites et que les entrepreneurs deman­dent qu'il vienne en reconnaître la solidité (possession de Bernard Leblanc)

1857 : le Marquis de Villars propose de transporter la cloche à l' église des Carreaux et de remettre à la place celle de 11 ancienne chapelle de son château.

1881 : une lettre du Curé Servanges destinée à l'Évêque de Dijon propose de démolir la nef et de ne conserver que le chœur pour en faire une chapelle.

1887 : M. Etienne Coste demande de faire à ses frais des travaux de consolidation en l'église du Vieux St Pierre

1912 : vue l'aspect des plus lamentables de l'église, le Curé Deblangey lance une souscription pour effectuer des réparations absolument urgentes (elles furent réalisées)

1950 : à l'initiative du Curé Lanoiselée et du Maire Lucien Garchey de grosses réparations sont effectuées au toit, à l'autel et la croix (entreprise Dubuet, Jean Preney chef de chantier)

1956 : la construction du pont sur La Canche au niveau du Moulin Rouge sauve le site de l'isolement (Lucien Garchey, maire)

1978 : un coq, oeuvre de M. Pianetti est posé sur le clocher à 1'initiative de Maurice Grin. Un parchemin signé des gens présents a été enfermé à l'intérieur.

1984 :  réfection de l'escalier d'entrée et pose d'une rampe offert par M. Blandin, maire de Lacanche

1986 : naissance de l'association « Les compagnons du Vieux St Pierre » sur une initiative du docteur Hilaire Carlier de Lacanche. L'objectif est de prendre en main le sort de l' église : plafond, boiseries, statues...etc

            1ière tranche des travaux

           Le mur du cimetière sera effectué par l'école d'adaptation d'Arnay le Duc dirigée par M. Montel. Les fils de l'alimentation du hameau en électricité sont enterrés, un compteur est posé. (Victor Leclerc est maire) Les chaises sont fournies par la fabrique arnaytoise dirigée par M. Linguanetto.

1987 :  reprise du plafond par l'entreprise Parthiot et consolidation de la tribune (Linguanotto), électricité provisoire. posée par D. Févre et les compagnons. Les statues de la Vierge à l'Enfant, St Europe et st Antoine sont traitées aux rayons Gamma ( H. Carlier ).

           2 ième tranche de travaux. Jean Claude Garchey est Maire.

1996 : début des travaux de restauration complète de la toiture de clocher , de la nef et du chœur. Les enduits extérieurs sont effectués par l'entreprise Zinetti, un drainage est posé au niveau des murs. Des recherches archéologiques ont lieu. L'architecte des Monuments de France est Mme Legrand.

1997 :  la margelle du puits est refaite par des bénévoles . Mécanisme Meuzard Georges ; fer forgé Prudhon A. Le cimetière est reconstitué après nivellement cette même année. Pour cette réfection le 4 juillet 1997 M. ROBERT Poujade remet 1a « Brique de cristal, récompense symbolique par l’Association des Maires de France, la Fédération du bâtiment et le Crédit local de France et ce, dans le cadre du concours des villes et villages gagnants.

1998 : La porte d'entrée, les abat-sons et le plafond sont effectués par la menuiserie Louis Parthiot et peint par L. MERCIER de Vernusse. L'installation de l'éclairage extérieur est effectuée par l'EDF et le SICECO. L'installation électrique de l'intérieur avec une Sonorisation automatique est confiée à l'entrepris Fèvre. La bande sonore est enregistrée par Roland David, le teste de Yvonne Moingeon et Henri Callabre, lu par pierre Bousset.

           3 ième tranche des travaux

2002 : les enduits intérieurs sont fait par l’entreprise Zinetti. L'enduit et les peintures par l’entreprise Mongouachon. L’éclairage synchronisé est l’œuvre de l’entreprise Févre. La bande sonore est enregistrée par B. Haratick. Les statues sont restaurées par M. Videgrain.

Datant  du IX ième XI ième siècle, édifiée entre deux vallons verdoyants au  pied desquels serpente la rivière La  Canche,  l’église  du Vieux Saint Pierre  excite l’attention  des visiteurs heureux de  la découvrir après un  cheminement où la   nature a gardé ses droits. 

 Dés l’arrivée, les yeux se portent sur le calvaire original doté d’une table des  morts  prouvant l’existence d’un cimetière duquel ont  été extraites d’énigmatiques pierres tombales

 Le monument d’une  pureté est dominé par un clocher plus récent. Les fenêtres meurtrières typiques de la date construction témoignent d’un site à l’esprit défensif.. une litre funéraire, comme il en reste peu conservées, fait le tour complet de l’édifice.

    Dés  l’entrée, il est possible de suivre les explications  accompagnées d’un savant montage électrique permettant de comprendre et d’apprécier la rénovation complète de cette église pleine de mystère.

Celle-ci a permis de découvrir d’étonnantes croix de consécration ornées de  fleurs de lys .

     Parmi le mobilier remarquable, citons :

          Le Christ en croix,

          Deux  statues de St Pierre , patron de la paroisse,

          La statue de St Antoine.

 Une de St Eutrope,

 Une Vierge à l’Enfant assez fruste,

 Un imposant baptistère et un curieux bénitier.